"interdit" au moins de 14 de moyenne/ le cours complet sur la rhétorique antique

"interdit" au moins de 14 de moyenne/ le cours complet sur la rhétorique antique
Les trois genres de discours
Discours délibératif
_ « Le genre délibératif est l'un des trois grands genres de l'éloquence. Il est défini par une matière du discours : le caractère opportun ou inopportun d'une décision à prendre, de la part de particuliers ou de corps constitués, touchant aussi bien les positions idéologiques, que la morale et ses enjeux les plus concrets dans l'action. Le genre délibératif envisage aussi ce qu'on appellerait aujourd'hui les conditions de faisabilité de l'éventuelle entreprise en y incluant la considération des mours des personnes concernées. »
_ Le discours délibératif, qu'on qualifie aussi de discours politique, s'adresse à l'assemblée, au sénat. On y conseille ou déconseille sur toutes les questions portant sur la vie de la cité ou de l'État : la diplomatie, l'économie, la budgétisation, la législation, etc. Ce type de discours a donc pour finalité les décisions à prendre et on y discute de leur côté utile ou nuisible. Il faut y utiliser une argumentation par l'exemple.
Discours démonstratif
_ « Le genre démonstratif est l'un des trois grands genres de l'éloquence. Il se définit par la matière du discours : le bien ou le mal. Traditionnellement, le discours porte sur une personne : il devient donc blâme ou éloge, par rapport à l'utilité et à l'honnêteté, selon la considération de ladite personne et de ce qui a trait à elle, même après sa mort. Mais il n'y a pas de raison de limiter ce genre à un objet personnel. Le fait est qu'on loue des hommes (des dieux), parfois même, peut-être par plaisanterie, des animaux, des institutions ou des États, voire des objets inanimés. »
_ Ce genre de discours a pour dénomination grecque discours épidictique. L'auditoire est représenté par des spectateurs. Ce type de discours regroupe tous les discours d'apparat, les panégyriques (sens 1 : "Discours d'apparat prononcé devant le peuple lors des grandes fêtes religieuses, exaltant la gloire nationale et vantant les avantages de telle ou telle entreprise ou voie politique." - Source : T.L.F.I.), les oraisons funèbres, etc. On y blâme ou y loue un homme - ou une catégorie d'hommes - en mettant en avant le côté noble ou vil de son existence, de son action. L'amplification est souvent amployée dans ce type de discours. Le discours démonstratif ne dicte pas un choix, mais oriente les choix futurs. Enfin, il peut être employé à des fins pédagogiques.
Discours judiciaire
_ « Le genre judiciaire est l'un des trois grands genres de l'éloquence. Il se définit par la matière du discours : il s'agit toujours de discuter sur le vrai ou le faux, contradictoirement. Le judiciaire correspond donc à plusieurs états de la cause. »
_ Dans ce genre de discours, l'auditoire est généralement un tribunal. On vise ici à accuser (par un réquisitoire) ou à défendre (par une plaidoirie). Le discours porte sur des faits qui se sont passés. il s'agit de les établir, de les qualifier et de les juger. On fait donc appel aux notions de justice et d'injustice, et on utilise le raisonnement syllogistique et l'enthymème. L'organisation du discours est soumise à des lois : on s'adresse à un auditoire spécialisé.

L'invention
« L'invention est la première des cinq grandes parties de la rhétorique. Fondamentalement, c'est le choix de la matière à traiter dans le discours. Il s'agit toujours d'un mixte : d'une part, ce qui est directement commandé par le sujet de la cause (notamment dans le genre judiciaire), et qui concerne précisément les choses dont on va parler ; d'autre part, l'ensemble des procédures logico-discursives qui moulent le développement du discours : c'est-à-dire les lieux les plus propres à orienter le mouvement argumentatif (ce qui inclut donc, dans le judiciaire, les preuves). L'invention n'est ainsi pas complètement à l'écart de la recherche des mots, même si celle-ci relève plus pleinement de l'élocution. La qualité majeure de l'invention est évidemment le jugement. »*
L'invention (ou inventio ou heurésis) est la recherche la plus exhaustive possible, par un orateur, de tous les moyens de persuasion relatifs au thème de son discours. Ces moyens sont : les sujets, les preuves et les arguments, les lieux, les techniques de persuasion, les techniques d'amplification, la logique.

La disposition
« La disposition est une des grandes parties de la rhétorique. Elle consiste en l'organisation du discours, c'est-à-dire savoir en quel lieu on doit dire ce qu'on a à dire ; c'est aussi l'arrangement de tout ce qui entre dans le discours, selon l'ordre le plus parfait ; ou encore une utile distribution des choses ou des parties, assignant à chacune la place et le rang qu'elle doit avoir. La disposition embrasse la division et s'appuie sur des propositions. Il importe de noter que la disposition ne se réduit pas à l'observation de la suite des cinq grandes parties du discours (spécialement judiciaire) : exorde, narration, confirmation, réfutation, péroraison. Elle gouverne l'ordre des différentes propositions, des thèmes traités, des indications anecdotiques narrées, des arguments déployés, du recours à tel ou tel lieu, même lors de l'action sur les sentiments de l'auditoire, notamment dans l'exorde et dans la péroraion, et enfin pour l'insertion de l'éventuelle digression. Il faut donc admettre que l'ordre est variable selon la cause, et qu'il est toujours nécessaire d'adapter le progrès de son discours en fonction de la situation concrète, ne serait-ce, par exemple, que pour le choix de mettre d'abord ou ensuite ses arguments les plus forts ou les plus faibles. Quintilien conseillait, à titre pratique, sa méthode personnelle, en tant que praticien et non en tant que théoricien : se mettre par esprit à la place de l'adversaire pour mieux juger de la stratégie des présentations. »
La disposition (ou dispositio ou taxis) est la mise en ordre des moyens de persuasion, l'agencement et la répartition des arguments, dont résultera l'organisation interne, la composition générale et le plan du discours. Celui-ci est organisé selon les lois de la logique, de la psychologie et de la sociologie. L'organisation du discours, ainsi que la manière de le construire et de mettre en évidence certains points, sont dilués aujourd'hui dans les techniques de composition et de dissertation. Traditionnellement, la disposition se décompose en quatre parties : l'exorde, la narration, la confirmation, la péroraison. (cf. plus bas)

L'action
« L'action est une des cinq parties de la rhétorique. Elle n'est pas sans rappeler ce qu'on désignerait aujourd'hui sous le nom d'interprétation ou, en linguistique, de performance, encore que ce dernier concept ne soit pas exactement du même ordre. En tout cas, l'action peut soutenir un discours ordinaire et le rendre intéressant ou même fort, comme elle peut déclasser dans le banal ou l'inefficace un discours habile ou même puissant. L'action rapproche l'art oratoire de celui du comédien ; elle est le signe de l'individualité et de la singularité ; elle représente la composante sociale la plus forte de l'éloquence, la situant délibérément dans la vie. Traditionnellement, l'action a deux aspects : la prononciation et le geste. il semble bien que le premier soit le plus important : il s'agit de la voix. [...] »
L'action (ou pronuntiatio ou hypocrisis) est le parachèvement du travail rhétorique, l'énonciation effective du discours, la mise en ouvre des autres parties, où l'on emploie : les effets de voix, les mimiques, le regard, les techniques gestuelles. Ici, l'orateur devient acteur et doit savoir émouvoir par le geste et par les expressions du visage.

La mémoire
« La mémoire est souvent considérée comme une des cinq parties de la rhétorique. Elle est en effet indispensable à l'interprétation du discours. Quintilien va même jusqu'à dire qu'un orateur qui serait entièrement dépourvu de mémoire devrait abandonner le métier. Il faut dire que le discours doit être prononcé par cour, quitte à donner l'impression qu'on improvise : c'est le seul moyen de produire le feu nécessaire à l'efficace de son action. »
La mémorisation du discours (memoria ou mémoire) peut être intégrée à l'action : mieux on possède son discours, plus on est capable de l'adapter aux objections et d'improviser.

L'élocution
« Le sens fondamental d'élocution est de désigner l'une des cinq grandes parties de la rhétorique. C'est celle qui préside à la fois à la sélection et à l'arrangement des mots dans le discours. La qualité essentielle de l'élocution est la clarté ; c'est l'élocution qui doit recevoir les ornements du discours. Elle est également le support de l'emphase et le lieu de manifestation des sentences. Enfin, l'élocution accepte naturellement les figures. »
L'élocution (ou elocutio ou lexis) est la rédaction du discours, le point où la rhétorique rencontre la littérature. Le discours y est organisé dans le détail. Elle porte sur le style de la rédaction : elle fait appel aux figures, au choix et à la disposition des mots dans la phrase, aux effets de rythme, au niveau de langage.

L'exorde
« Un exorde est l'une des parties obligatoires du discours : c'est la première. C'est dans le genre judiciaire qu'on en voit le plus purement les enjeux. Il a pour but de rendre les juges bien intentionnés, attentifs et dociles, à l'égard de l'orateur. »
La fonction de l'exorde est essentiellement phatique : l'exorde comprend un exposé bref et clair de la question que l'on va traiter ou de la thèse que l'on va prouver. L'orateur pourra faire précéder l'exorde d'une présentation de soi. C'est la phase d'ouverture du discours.

La narration
« La narration est l'une des parties obligées du discours, notamment dans le genre judiciaire. Elle fait l'objet de nombreuses prescriptions dans les traités, aussi diverses qu'en sont les pratiques concrètes. On propose parfois qu'il n'y en ait pas : c'est possible pour les causes très simples, où l'on peut se contenter d'une proposition ; c'est d'ailleurs une vraie question pour les cas où les juges sont déjà au courant : alors, on a toujours intérêt à en faire une malgré tout, ne serait-ce que relativement courte, et fortement sélective par rapport à son propre intérêt. [...] Elle est communément mise après l'exorde ; mais il peut arriver que, pour des raisons de stratégie de variété et de division dans la disposition, on la place plus loin. »
La narration est l'exposé des faits concernant le sujet à traiter. Cet exposé doit paraître objectif : le logos y prend le pas sur la pathos et l'ethos. La narration nécessite la clarté, la brièveté, et la crédibilité.

La confirmation
« La confirmation désigne deux attitudes oratoires. Soit il s'agit de l'opposé de la réfutation : on défend alors sa position parce que l'on est l'accusateur, dans le genre judiciaire, ou parce qu'on établit le premier un avis, dans le genre délibératif. La confirmation est alors souvent d'une allure affirmative, et il arrive que certains lieux soient plus propres à la confirmation qu'à la réfutation, même si en général ce sont les mêmes qui peuvent faire l'objet du jeu affirmation-négation. D'autre part, la confirmation désigne aussi l'amplification de ses arguments, dans n'importe quelle orientation que ce soit, et dans n'importe quel genre. C'est alors l'ensemble des procédés de soutien de son propos qui est ainsi visé. »
La confirmation regroupe l'ensemble des preuves et est suivie d'une réfutation qui détruit les arguments adverses. On y utilise l'exemple, l'enthymème, l'amplification. L'amplification est l'art de trouver les meilleurs arguments et de les exposer selon une gradation en intensité.

La réfutation
« La réfutation correspond à une tâche oratoire essentielle : ou il s'agit de défendre, et tout le discours consiste en une réfutation de celui de l'accusation ; ou il s'agit de répondre aux objections mutuelles, comme dans l'altercation. On peut aussi la considérer comme une partie du discours. »

La péroraison
« La péroraison est l'une des cinq parties canoniques du discours : c'en est le couronnement. C'est dire l'importance de ce moment ultime, qui est le dernier feu de l'orateur, et doit de ce fait produire l'impression décisive pour emporter la conviction des auditeurs. »
La péroraison met fin au discours. Elle peut être longue et se diviser en parties : l'amplification où l'on insiste sur la gravité, la passion pour susciter passion ou indignation, la récapitulation où l'on résume l'argumentation. Pour Cicéron, dans De inventione, la péroraison peut être un résumé (enumeratio), un mystère (enigmatio) ou un appel à la pitié (conquestio).

# Posted on Saturday, 07 January 2006 at 10:28 AM

Edited on Friday, 22 June 2007 at 7:17 AM

Pour tous/ Les trois grands genres de la rhétorique antique par Aristote(IVème siècle av. J.-C.)

Pour tous/ Les trois grands genres de la rhétorique antique par Aristote(IVème siècle av. J.-C.)
Extrait de la Rhétorique d'Aristote, qui explique les trois grands genres de la rhétorique antique.

Ill. Il y a donc, nécessairement aussi, trois genres de discours oratoires : le délibératif, le judiciaire et le démonstratif. La délibération comprend l'exhortation et la dissuasion. En effet, soit que l'on délibère en particulier, ou que l'on harangue en public, on emploie l'un ou l'autre de ces moyens. La cause judiciaire comprend l'accusation et la défense : ceux qui sont en contestation pratiquent, nécessairement, l'un ou l'autre. Quant au démonstratif, il comprend l'éloge ou le blâme.
IV. Les périodes de temps propre à chacun de ces genres sont, pour le délibératif, l'avenir, car c'est sur un fait futur que l'on délibère, soit que l'on soutienne une proposition, ou qu'on la combatte ; - pour une question judiciaire, c'est le passé, puisque c'est toujours sur des faits accomplis que portent l'accusation ou la défense ; - pour le démonstratif, la période principale est le présent, car c'est généralement sur des faits actuels que l'on prononce l'éloge ou le blâme ; mais on a souvent à rappeler le passé, ou à conjecturer l'avenir.
V. Chacun de ces genres a un but final différent ; il y en a trois, comme il y a trois genres. Pour celui qui délibère, c'est l'intérêt et le dommage ; car celui qui soutient une proposition la présente comme plus avantageuse, et celui qui la combat en montre les inconvénients. Mais on emploie aussi, accessoirement, des arguments propres aux autres genres pour discourir dans celui-ci, tel que le juste ou l'injuste, le beau ou le laid moral. Pour les questions judiciaires, c'est le juste ou l'injuste ; et ici encore, on emploie accessoirement des arguments propres aux autres genres. Pour l'éloge ou le blâme, c'est le beau et le laid moral, auxquels on ajoute, par surcroît, des considérations plus particulièrement propres aux autres genres. [?]
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# Posted on Saturday, 07 January 2006 at 10:20 AM

1ère et 2nde/ Les figures de style

LES FIGURES DE STYLE

L'anaphore

Répétition d'un mot ou d'un groupe de mots dans un ou plusieurs vers (souvent au début), dans une ou plusieurs phrases.


Ex. : Tendre épouse, c'est toi qu'appelait son amour,
Toi qu'il pleurait la nuit, toi qu'il pleurait le jour.
Virgile, Géorgiques


L'antithèse

L'antithèse juxtapose deux éléments de sens contraire dans un même énoncé.

ex. : Joyeux, j'ai vingt-cinq ans, triste, j'en ai soixante.
Hugo, Les contemplations


Lorsque l'antithèse est condensée en une seule image, on l'appelle un oxymore

ex. : Le soleil noir de la mélancolie.
Nerval, El Desdichado


Le chiasme

Semblable au parallélisme dans sa construction et dans ses conséquences sur l'effet produit, le chiasme est conçu comme un miroir. On met un parallèle deux éléments (ou deux expressions) mais en renversant le second. Les deux parties de l'énoncé ont ainsi une structure renversée, comme si le premier se réfléchissait dans un miroir.

ex. : Et ce champ me faisait un effet singulier :
Des cadavres dessous et dessus des fantômes;
Quelques hameaux flambaient; au loin brûlaient les chaumes.
Victor Hugo

L'hyperbole

Figure qui augmente ou diminue excessivement la vérité d'une chose pour que celle-ci produise plus d'impression.
ex. : - un bruit à réveiller un mort
- il pleut à boire debout
- il vente à écorner les boeufs
- couper les cheveux en quatre

ex. : L'éternité pour moi ne sera qu'un instant.


La litote

Figure qui consiste à dire moins pour dire plus, en utilisant le plus souvent la négation.

- va, je ne te hais point (Corneille, Le Cid) pour Je t'aime toujours.
- elle n'est pas laide ( pour elle est jolie)



L'euphémisme

L'euphémisme est semblable à la litote en ce qu'ils sont tous deux des figures d'atténuation. L'euphémisme, cependant, sert le plus souvent à déguiser des idées désagréables ou odieuses.

ex. : La mère alla dormir sous les dalles du cloître ( pour elle est morte et enterrée).



La périphrase

Figure qui consiste à exprimer d'une manière détournée, étendue, et ordinairement fastueuse, une idée ou une chose qui pourrait être rendue d'une manière plus brève ou plus directe.

ex. : - le plancher des vaches (pour le sol ou la terre ferme)
- l'oeil de la nuit (pour la lune)
- lendemain de chenille en tenue de bal (pour le papillon)
- C'était l'heure tranquille où les lions vont boire. (pour le soir)
Victor Hugo, Booz endormi.



Métaphore
Figure par ressemblance (analogie)

Du grec metaphora qui signifie « transposition » (méta : « succession, changement, participation » et phore : « porter ») : changement de sens par rapport de ressemblance, d'analogie, c'est une comparaison sans outil de comparaison.

ex. : Le rêve est un jambon
Lourd
Qui pend au plafond
Pierre Reverdy


Métonymie

Du grec metonymia qui signifie « changement de nom » : changement de sens par contiguïté logique (dans des rapports logiques de type contenu/contenant, cause/effet, etc.). Figure qui permet de désigner quelque chose par le nom d'un autre élément du même ensemble, en vertu d'une relation suffisamment nette.

Du contenant au contenu : boire un verre (boire de l'alcool dans un verre)
Du contenu au contenant :je suis allé au hockey (allé voir une partie de hockey)
De la cause pour l'effet : avoir une belle plume (avoir une belle écriture)
De la matière pour l'objet : elle portait un vison (un manteau de vison)
De l'instrument pour l'instrumentiste : un second violon (celui qui en joue)
Du lieu pour la chose : un bon bourgogne (un vin de la région de Bourgogne)
Du physique pour le moral : un peu de cervelle (pour un peu d'intelligence).


L'Allégorie

Elle consiste à représenter de façon imagée, en la matérialisant, une idée abstraite.
On constate une majuscule parfois et elle est souvent suivie de métaphores.

Ex. : Mon beau navire ô ma mémoire / Avons-nous assez navigué / Dans une onde mauvaise à boire / Avons-nous assez divagué / De la belle aube au triste soir ...
Guillaume Apollinaire
Ici la mémoire est matérialisée par l'image du navire à la dérive.

La rêverie... une jeune femme merveilleuse, imprévisible, tendre, énigmatique, à qui je ne demande jamais compte de ses fugues...
André Breton


Personnification

Cette figure consiste à évoquer un objet ou une idée sous les traits d'un être humain.

Ex. : Le soleil aussi attendait Chloé, mais lui pouvait s'amuser à faire des ombres.
Boris Vian


Symbole

Expression indirecte au moyen d'un récit, fable, d'images qui suggèrent ce qu'on veut exprimer. On distingue le sens littéral du sens symbolique. Le symbole est un système de métaphores suivies.

Ex. L'albatros de Baudelaire, le pélican de "La nuit de mai" de Musset



Synecdoque

C'est une variété de métonymie; c'est une figure d'inclusion permettant de désigner quelque chose par un terme dont le sens inclut celui du terme propre. Elle permet d'exprimer un tout par une de ses parties, un objet par sa matière, et vice-versa.

Ex. : Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur." (" les voiles " = les bateaux à voiles)
Victor Hugo

Ex. : Une tête si chère; une lame


L'hypotypose

Création d'un effet de réel, figure de style consistant à décrire une scène de manière si frappante, qu'on croit la vivre, il s'agit de montrer, faire voir, ouvrir un champ de connaissances.
exemple: la description de Pyrrhus par Andromaque.

# Posted on Thursday, 05 January 2006 at 1:30 PM

Edited on Tuesday, 12 September 2006 at 5:34 PM

1ère et 2nde/ Les registres

Les registres


Registre pathétique : du grec pathein «souffrir », il naît de la vue des souffrances d?autrui qui crée de la compassion chez celui qui lit ou regarde celui qui souffre. Cela peut-être provoqué par la douleur, l?horreur, la terreur, la tristesse.
Les procédés du pathétique sont marqués par un lexique de l?affectivité, de la souffrance, de l?exagération, par l?introduction du discours direct qui fait entendre la voix de la victime et par la fréquence des modalités interrogatives et exclamatives.
ex : monologue d?Antigone où on sait qu?elle est condamnée à être emmurée vivante pour avoir enseveli son frère malgré l?interdiction du roi (les didascalies insistent sur la faiblesse d?Antigone : elle a froid, elle est seule, elle murmure); mort de Manon dans le désert dans Manon Lescaut de l?Abbé Prévost?
On le trouve aussi dans le drame romantique : Lorenzaccio de Musset, Hernani de Hugo.

Registre tragique : il naît de la souffrance de héros souvent solitaires, confrontés aux drames de la destinée humaine, à la fatalité, au mal, à la mort.
Le langage est souvent soutenu, l?accent est mis sur la situation désespérée du personnage qui est confronté à des forces qui le dépassent.
ex : Roméo et Juliette (tragédie de la passion) de William Shakespeare : les 2 personnages sont confrontés à la haine qui oppose leur 2 familles, c?est pourquoi ils ne réussiront à vivre en paix, ils décideront de se suicider pour se rejoindre dans un monde meilleur.
Bérénice de Racine ( tragédie politique) qui montre la difficulté de gouverner et d?aimer, cette pièce met en scène l?incompatibilité du pouvoir et de l?amour et enfin Antigone de Sophocle ou d?Anouilh qui montre combien il est difficile de s?opposer aux lois, même injustes, édictées par un roi.

Registre épique : il emprunte ses caractéristiques au genre de l?épopée, long poème antique (L?odyssée ou L?Iliade d?Homère) ou médiéval ( La chanson de Roland) qui raconte les exploits souvent guerriers de héros surhumains, confrontés à des obstacles colossaux, dans un univers immense où s?exercent encore des forces surnaturelles ( ex : le cyclope, les pouvoirs de la magicienne Circée ou les dieux comme Poséidon dans L?Odyssée).
Un texte épique vise à susciter l?effroi, l?étonnement, l?admiration.
Les procédés sont ceux de l?agrandissement : pluriels, hyberboles, superlatifs ( le plus grand), comparaisons et métaphores hyperboliques.

Registre lyrique : en littérature, on appelle poésie lyrique les textes qui expriment des sentiments. Les thèmes sont variés : amour (Paul Eluard La courbe de tes yeux : Le monde entier dépend de tes yeux purs / Et tout mon sang coule dans leur regard), fuite du temps ( Ronsard Mignonne, allons voir si la rose, Apollinaire), goût de la nature (Sensation d?Arthur Rimbaud : Par les soirs bleus d?été, j?irai par les sentiers/ Picoté par les blés, foulé l?herbe menue?), le bonheur, le joie.
Les procédés reposent essentiellement sur l?utilisation de la 1ère personne, sur le lexique des sentiments, les modalités exclamatives et interrogatives.

Registre satirique : sa visée est critique, l?un de ces procédés est l?antiphrase qui exprime l?ironie. La critique peut être directe, mais elle est souvent accompagnée du discrédit de l?opposant. À distinguer de la polémique puisque le registre satirique s?exprime à l?encontre d?une idée, d?un événement, d?une personne, etc, sans présenter pour autant un autre aspect à opposer.
Registre polémique : qui suppose une attitude critique, qui vise une discussion vive ou agressive. Polemos en grec = « la guerre »
Les procédés sont multiples : exagération ( superlatifs, hyperboles), simplification ( formule-choc résumant une thèse), lexique dévalorisant, figures d?ironie, visant à susciter le mépris.
ex : Lettre au président Félix Faure de Zola J?accuse qui condamne l?accusation portée contre Dreyfus. Zola défend Dreyfus.
Le nègre de Surinam de Voltaire (texte extrait de Candide) dans lequel un Noir esclave montre à quel point sa situation est révoltante : il est mutilé , en haillon alors qu?il travaille et que les Européens font de l?argent sur son dos. Il explique que nous descendons tous d?Adam et Eve et qu?il faut donc traiter tous les hommes de la même manière, c?est d?ailleurs ce que lui ont appris les Hollandais qui ont voulu le convertir au christianisme.

Registre comique : c?est celui qui provoque le rire : il peut être satirique ( on se moque de la société dans laquelle on vit), il peut introduire le burlesque (utilisation d?un style familier pour parler d?un sujet noble, comme lorsque qu?on rabaisse un roi dans Ubu roi de Jarry), le grotesque (comique de caricature, grossir les traits).
ex : De nombreuses pièces de Molière jouent sur le comique de geste, de situation et de mots. on trouve aussi la comédie de m½urs avec Labiche Un chapeau de paille d?Italie ou Yasmina Reza Art.
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# Posted on Wednesday, 07 December 2005 at 4:58 PM

1ère/ Le paradoxe sur le comédien de Diderot

« Les qualités premières
d'un grand comédien »



LE PREMIER
Moi, je lui veux beaucoup de jugement ; il me faut dans cet homme un spectateur froid et tranquille ; j'en exige, par conséquent de la pénétration et nulle sensibilité, l'art de tout imiter ou, ce qui revient au même, une égale aptitude à jouer toute sorte de caractères et de rôles.

LE SECOND
Nulle sensibilité !

LE PREMIER
[?] Si le comédien était sensible, de bonne foi lui serait-il permis de jouer deux fois de suite un même rôle avec la même chaleur et le même succès ? Très chaud à la première représentation, il serait épuisé et froid comme un marbre à la troisième.

[?] Mais quoi ? dira-t-on, ces accents si plaintifs, si douloureux, que cette mère arrache du fond de ses entrailles, et dont les miennes sont si violemment secouées, ce n?est pas le sentiment actuel qui les produit, ce n?est pas le désespoir qui les inspire ? Nullement ; et la preuve, c?est qu?ils sont mesurés ; qu?ils font partie d?un système de déclamation ; que plus bas ou plus aigus d?une vingtième partie d?un quart de ton, ils sont faux ; qu?ils sont soumis à une loi d?unité ; qu?ils sont, comme dans l?harmonie, préparés et sauvés : qu?ils ne satisfont à toutes les conditions requises que par une longue étude ; que pour être poussés juste, ils ont été répétés cent fois, et que, malgré ces fréquentes répétitions, on les manque encore ; c?est qu?avant de dire :

Zaïre, vous pleurez !

ou,

Vous y serez, ma fille,

l?acteur s?est longtemps écouté lui-même ; c?est qu?il s?écoute au moment où il vous trouble, et que tout son talent consiste non pas à sentir, comme vous le supposez, mais à rendre si scrupuleusement les signes extérieurs du sentiment que vous vous y trompez. Les cris de sa douleur sont notés dans son oreille. Les gestes de son désespoir sont de mémoire, et ont été préparés devant une glace. Il sait le moment précis où il tirera son mouchoir et où les larmes couleront ; attendez-les à ce mot, à cette syllabe, ni plus tôt ni plus tard. Ce tremblement de la voix, ces mots suspendus, ces sons étouffés ou traînés, ce frémissement des membres, ce vacillement des genoux, ces évanouissements, ces fureurs, pure imitation, leçon recordée d?avance, grimace pathétique, singerie sublime dont l?acteur garde le souvenir longtemps après l?avoir étudiée, dont il avait la conscience présente au moment où il l?exécutait, qui lui laisse, heureusement pour le poète, pour le spectateur et pour lui, toute liberté de son esprit, et qui ne lui ôte, ainsi que les autres exercices, que la force du corps. Le socque ou le cothurne déposé, sa voix est éteinte, il éprouve une extrême fatigue, il va changer de linge ou se coucher ; mais il ne lui reste ni trouble, ni douleur, ni mélancolie, ni affaissement d?âme. C?est vous qui remportez toutes ces impressions. L?acteur est las, et vous tristes ; c?est qu?il s?est démené sans rien sentir, et que vous avez senti sans vous démener. S?il en était autrement, la condition de comédien serait la plus malheureuse des conditions ; mais il n?est pas le personnage, il le joue et le joue si bien que vous le prenez pour tel : l?illusion n?est que pour vous ; il sait bien, lui, qu?il ne l?est pas.

[...] Mais un [...] trait où je vous montrerai un personnage rendu plat et sot par sa sensibilité, et dans un moment suivant sublime par le sang-froid qui succéda à la sensibilité étouffée, le voici :

Un littérateur, dont je tairai le nom, était tombé dans l'extrême indigence. Il avait un frère, théologal et riche. Je demandais à l'indigent pourquoi son frère ne le secourait pas. C'est, me répondit-il, que j'ai de grands torts avec lui. J'obtiens de celui-ci la permission d'aller voir M. le théologal. J'y vais. On m'annonce ; j'entre. Je dis au théologal que je vais lui parler de son frère. Il me prend brusquement par la main, me fait asseoir et m'observe qu'il est d'un homme sensé de connaître celui dont il se charge de plaider la cause ; puis, m'apostrophant avec force : « Connaissez-vous mon frère ? - Je le crois. - Vous le croyez ? Vous savez donc ?... » Et voilà mon théologal qui me débite, avec une rapidité et une véhémence surprenante, une suite d'actions plus atroces, plus révoltantes les unes que les autres. Ma tête s'embarrasse, je me sens accablé ; je perds le courage de défendre un aussi abominable monstre que celui qu'on me dépeignait. Heureusement mon théologal, un peu prolixe dans sa philippique, me laissa le temps de me remettre ; peu à peu l'homme sensible se retira et fit place à l'homme éloquent, car j'oserai dire que je le fus dans l'occasion. « Monsieur, dis-je froidement au théologal, votre frère a fait pis, et je vous loue de me celer le plus criant de ses forfaits. - Je ne cèle rien. - Vous auriez pu ajouter à tout ce que vous m'avez dit, qu'une nuit, comme vous sortiez de chez vous pour aller à matines, il vous avait saisi à la gorge, et que tirant un couteau qu'il tenait caché sous son habit, il avait été sur le point de vous l'enfoncer dans le sein. - Il en est bien capable ; mais si je ne l'en ai pas accusé, c'est que cela n'est pas vrai... » Et moi, me levant subitement, et attachant sur mon théologal un regard ferme et sévère, je m'écriai d'une voix tonnante, avec toute la véhémence et l'emphase de l'indignation : « Et quand cela serait vrai, est-ce qu'il ne faudrait pas encore donner du pain à votre frère ? » Le théologal, écrasé, terrassé, confondu, reste muet, se promène, revient à moi et m'accorde une pension annuelle pour son frère.

Diderot, Paradoxe sur le Comédien
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# Posted on Sunday, 27 November 2005 at 1:13 PM